L'hommage musical : quels bienfaits ?

Il arrive que certaines personnes lors de la préparation de la cérémonie d’obsèques nous disent: «Surtout pas de musique, ce sera bien trop triste, cela va nous rappeler des souvenirs et nous seront émus…».

Mais de plus en plus de familles choisissent de la musique: de la musique classique à la variété en passant par le jazz ou le gospel, à l’église, au cimetière ou au crématorium, la musique magnifie les cérémonies d’obsèques. Elle y a donc toute sa place!

La musique rythme la cérémonie, donnne le ton

Elle permet de donner le ton à chaque moment de la cérémonie : l’accueil, le recueillement, le dernier hommage, la fin de la cérémonie. Les familles peuvent choisir des musiques plus ou moins méditatives, solennelles voire même parfois joyeuses. De nombreuses familles qui choisissent de la musique aiment terminer sur une note positive, optimiste: pour manifester que la vie du défunt a été riche et belle, ou pour donner confiance dans la vie qui continue, ou encore évoquer l’espoir, la lumière face à ce grand mystère qu’est la mort…

Un déclencheur d'émotions bienfaiteur

S’il y a bien un moment où il est permis de s’émouvoir en public, c’est dans les cérémonies d’obsèques. Il n’est donc pas contraire à la bienséance ni honteux de laisser couler ses larmes dans ces moments. Si certaines musiques déclenchent automatiquement des émotions chez l’homme, elles ont d’autant plus de pouvoir au moment des obsèques.

Dans la forme traditionnelle des requiem, il y a toujours un morceau qui s’appelle le Lacrymosa: c’est bien le moment où l’on pleure le défunt. Dans d’autres cultures on parle de pleureuses

Se laisser aller à ses émotions est donc non seulement autorisé, mais nécessaire! Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’on se sent apaisé après avoir pleuré, comme si notre corps lui-même, nous réconfortait. La nature humaine est bien faite…

Les moments les plus durs dans une cérémonie d’obsèques sont celui de l’inhumation au cimetière (ultime séparation physique) ou celui de la crémation (la destruction matérielle et quasi instantanée du corps par une force extérieure peut être vécue comme un traumatisme). Ces moments peuvent se vivre dans le silence, car ils sont importants et graves. Mais pour certaines familles, ils sont plus faciles à vivre s’ils sont accompagnés d’une musique apaisante.

Un duo de guitares jazz manouche au crématorium du Père Lachaise

La musique rappelle des souvenirs

«Quand j’entends cette musique, cela me fait penser à tel période de ma vie, ou à tel événement»

S’il y a bien un moment fait pour se remémorer ensemble les bons souvenirs passés avec le défunt, c’est pendant la cérémonie d’obsèques. Elle est faite pour ça. Il faut donc la soigner et ne pas avoir peur de faire résonner des souvenirs du défunt. La musique donne un écho à ce qu’a été la vie du défunt.

La musique vecteur de partage, comme les funérailles

La cérémonie d’obsèques étant un moment de rassemblement autour d’une personne qui n’est plus là, il s’agit donc de se remémorer tous les moments partagés avec cette personne. La musique est aussi bien souvent partagée avec d’autres. C’est pourquoi écouter de la musique tout en rendant un hommage sont deux actes intimement liés sur le plan sociologique, et complémentaires.


La musique aide à prendre le temps

La cérémonie du dernier adieu constitue la première étape du deuil, c’est pourquoi il est primordial de la soigner, malgré le peu de temps dont les familles endeuillées disposent pour ce faire. Le soin accordé au dernier hommage peut revêtir plusieurs formes, en fonction de la psychologie de chacun. Certains souhaiteront acheter le plus beau cercueil, de nombreuses fleurs, et une belle plaque de marbre, bien que ces pratiques soient de moins en moins privilégiées. D’autres préféreront passer du temps à soigner l’atmosphère que l’on donnera à la cérémonie : textes, décoration, gestes symboliques, musiques. Qu’elle nous coûte matériellement, psychologiquement ou en temps, il est important que le cercle des proches du disparu s’implique.

Lorsque la préparation de la cérémonie prend du temps, c’est une bonne chose car elle implique chacun sur le plan personnel, intime. Ecrire un témoignage à partir de souvenirs, fouiller dans les albums photos, chercher les textes et musiques que le défunt aimait… les aspects immatériels de la cérémonie sont en réalité essentiels parce qu’ils impliquent les proches du défunt, dans l’intimité du lien qui les unit avec lui.

Les jours de préparation des obsèques ne sont pas faciles à vivre car la tristesse peut nous submerger, mais il est très important de savoir les affronter et d’essayer de les vivre sereinement. C’est une étape obligatoire pour commencer un deuil dans la paix.

Une tradition ancienne et tous azimuts

En Asie, l’usage de percussions, de gongs ou de certains instruments à vent permet à l’homme d’entrer en méditation, d’atteindre des niveaux d’intériorité profonds.

En Afrique et Outre Atlantique (la Nouvelle Orléans en est l’exemple type), le negro spiritual, le gospel, le jazz, ou encore le blues sont en grande majorité des thèmes d’improvisation sur la condition humaine et notre finitude. La plupart des chants gospel parlent de la résurrection, des retrouvailles avec Dieu, de la délivrance des souffrances de ce monde. Ce sont d’ailleurs bien souvent des chants très gais, très rythmés, et les processions funéraires sont impressionnantes: tout le monde chante et danse, rit et pleure à la fois. Ces événements publics relèvent presque du spectacle pour les occidentaux que nous sommes. Mais il est intéressant de voir que ce spectacle est improvisé: chacun y participe librement. La musique joue alors à la fois un rôle de rassemblement, de partage, mais elle fait aussi participer chaque membre de l’assemblée qui peut soit chanter soit danser (ou même simplement pleurer). Il n’y a pas besoin d’être professionnel…

Dans nos cultures occidentales, il y a encore 150 ans, les églises protestantes et catholiques disposaient toutes d’un maître de chapelle. C’était une personne chargée de la composition et de la mise en musique d’oeuvres pour tous les événements de la vie de la paroisse: messes dominicales, mariages, baptêmes mais aussi enterrements. Ainsi, le répertoire de musique classique dédié aux occasions funéraires est très vaste: requiem (ou messe des morts), hommages aux défunts royaux…

Et cela continue dans la musique contemporaine. La mort est le 2ème sujet abordé par les auteurs/compositeurs de chansons, après le thème de l’amour. Amour et mort sont les 2 grands mystères de la vie, il est donc normal qu’ils fassent couler beaucoup d’encre.

 Tableau de Marc Chagall - Le mort - 1924

La présence des musiciens, qui change tout

Quand de vrais musiciens sont présents, cela donne une âme supplémentaire à la cérémonie. Ils expriment une sensibilité, leur émotion propre, en empathie avec la famille. Si les musiciens peuvent être des amis ou de la famille du défunt, c’est idéal. Mais beaucoup ont peur de ne pas pouvoir jouer ou chanter à cause de l’émotion, c’est pourquoi certaines familles font tout de même appel à des professionnels. Les instrumentistes ou les chanteurs participent donc activement à l’hommage rendu au défunt, même s’ils ne le connaissent pas nécessairement.

La musique nous aide à la méditation, au recueillement : elle nous permet de nous évader, de nous extraire du monde matériel, de nos soucis quotidiens, de nos souffrances physiques. Bref, elle nous recentre sur l’essentiel qui est le fait que le défunt est un être aimé.

D’un autre côté la musique nous ramène bien sur terre: même si les musiciens sont en général de côté par rapport au cercueil et s’ils restent sobres, on les voit et on surtout, on les entend.

Un quatuor flûte et cordes d'Elicci à l'occasion d'une dispersion de cendres en pleine nature


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Ex : gospel, cornemuse, Vivaldi


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