Au-revoir Johnny
Un deuil national, un enterrement monumental

 

Dans la nuit du 5 décembre 2017 la France a perdu Johnny Halliday: emblème de la musique française, de la France tout court. Cette mort, pourtant «attendue», a été un coup dur pour la France. A tel point que la mort de Jean d’Ormesson est presque passée inaperçue face à celle de Johnny et à l’hommage national qui lui fut organisé à Paris.


Des Champs Elysées jusqu’à l’église de la Madeleine, l’hommage était représentatif du chanteur: monumental, convivial et surtout rock ‘n roll. La famille ainsi que les fans ont pu vivre ces derniers instants avec le chanteur avant que son cercueil ne s’envole pour Saint Barthélémy. Un cortège de bikers le long des Champs-Elysées et une cérémonie religieuse à l’église de la Madeleine paraissent antithétiques, mais bien au contraire, ici ces deux événements formaient une symbiose représentative de la personnalité qu’était Johnny Hallyday.

 

Ce que cet hommage national illustre, c’est que les cérémonies et les funérailles ne doivent pas toujours se passer dans la tristesse. Ce sont au contraire des instants qui peuvent rimer avec joie, affection et tendresse. Pourquoi Johnny Halliday aurait-il passé ses derniers moments sur terre entouré de tristesse? L’élément qui a permis ce sentiment de confort et de tendresse populaire: la musique sans aucun doute. Pas surprenant qu’il y en eût autant lors de l’hommage car il s’agissait d’un chanteur, mais cette musique était apaisante et remplie d’émotion, elle permettait de dire des choses bien trop difficiles à exprimer autrement. Il est d’ailleurs intéressant de voir que les musiciens de Johnny jouaient dans l’église les classiques de ce dernier: de simples accords de guitare et un harmonica, afin de souligner l’absence de cette voix qui manquait tant à ce moment précis. Et cette musique a résonné jusqu’à ce que le cercueil quitte l’église.

 

Quelle idée étrange de mêler rock, blues et cérémonie religieuse, mais c’est pourtant une tendance que l’on peut voir aux Etats-Unis, avec le gospel dans les obsèques religieuses, ou durant les fameux «jazz funerals». Pourquoi ne pas s’écarter des conventions et mettre en avant la musique? Après tout: Johnny l’a fait.


Annabel Carrillo


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Ex : gospel, cornemuse, Vivaldi


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