Un requiem pour Louis XVI

Luigi Cherubini, musicien officiel et compositeur du Requiem en do mineur

Luigi Cherubini (1760 – 1842), un musicien sous la restauration

Luigi naît à Florence en 1760. C’est à dix-neuf ans qu’il écrit son premier opéra. Il s’installe à Paris à l’âge de vingt-six ans. Il renonce au théâtre pour se consacrer essentiellement à la musique religieuse ainsi qu’à la musique de chambre.

Musicien officiel, il écrit des musiques «révolutionnaires» (Hymne au Panthéon, Hymne et Marche Funèbre «pour la mort du Général Hoche»), est surintendant de la Chapelle de Louis XVII et, après y avoir été inspecteur de l’enseignement et professeur de composition, dirige le Conservatoire de Paris de 1822 à l’année de sa mort (1842).

Le Requiem en ut mineur, musique funèbre par excellence

En 1816, Louis XVIII commande à Cherubini un requiem à la mémoire de son frère Louis XVI. L’œuvre, entendue pour la première fois à Saint Denis le 21 janvier 1817 pour l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI, est immédiatement considérée comme un sommet de la musique sacrée. Beethoven, Schumann et Brahms l’admirent grandement et il inspire en partie ceux de Berlioz Brahms et Verdi. Cette œuvre n’a jamais disparu du répertoire. Elle a souvent été comparée au requiem de Mozart, dont Cherubini se limite à un chœur mixte à quatre voix avec un orchestre assez fourni.


1.  Introitus et Kyrie

Il s’agit d’une supplication, une prière pour que Dieu accorde aux âmes le repos éternel. La construction polyphonique est très marquée et complexe.

2. Graduale

Mouvement très bref qui incite à la méditation. Cherubini utilise au début le même texte que dans le premier mouvement («Requiem aeternam dona ei, Domine»).

3. Sequentia: Dies Irae

Ce mouvement est lui-même composé de plusieurs parties, un allegro maestoso et un largo, qui n’ont ni la même carrure, ni toujours la même tonalité, et dégagent donc des atmosphères différentes. L’allegro installe un climat terrifiant et le jugement dernier est traduit par l’intervention des cuivres sur le «Tuba Mirum». Rien ne peut être tenté contre cela, l’homme semble être seul face à une toute puissance qui lui impose sa volonté. Le Largo («Lacrymosa») prend la forme d’une supplication, la caractère douloureux étant traduit par les accents sur les blanches qui suivent («Quam resurget…»)

4. Offertorium

En plusieurs parties également. Sur le «Quam holim Abrahae» débute une fugue, utilisation du contrepoint poussée à son extrême et plaçant en imitation les différentes voix (notamment celles du chœur, qui n’ont de cesse de répondre et d’exposer chacune à leur tout le «sujet» de la fugue). Cette partie contraste avec l’Hostias qui viendra par la suite, puisque celui-ci dégage une atmosphère beaucoup plus calme et incite au recueillement. Mais ce passage n’est qu’une parenthèse puisque la fugue est réintroduite peu de temps après.

5. Sanctus

Ce mouvement est très bref mais très brillant. Il ne s’agit plus d’une toute puissance en colère qui peut tout détruire, mais de la gloire de celle-ci qui atteint le plus haut niveau des cieux («Hosanna in excelsis»).

6. Pie Jesu

Incite à la méditation, puisque très lent et caractérisé par la présence très marquantes de valeurs longues.

7. Agnus Dei

Débute de manière très agitée lors de l’entrée du chœur, point culminant, qui succède à quelques mesures d’orchestre seul qui la prépare, en jouant des rythmes de plus en plus reserrés. Ceci donne l’impression d’une gradation, aussi bien concernant la nuance que le tempo. Ce mouvement se termine cependant dans le calme et conclut le Requiem dans une atmosphère sereine.

Riana Le Gal et Loma Staincq

 

L’avis d’Elicci

Contemporain de Berlioz, beaucoup pensaient à l’époque que Cherubini, en tant que musicien officiel de la Cour, aurait la plus grande notoriété. C’est pourtant l’inverse qui s’est produit: après la mort des deux compositeurs, on peut dire que les œuvres de Berlioz sont bien plus connues que celles de Cherubini.

La majeure partie de cette œuvre revêt un caractère assez sombre, ce qui convient parfaitement à l’occasion funéraire. Outre la prière pour le salut de l’âme de Louis XVI (l’organisation de funérailles d’état pour Louis XVI n’ayant pas été possible juste après sa mort, étant donné le contexte révolutionnaire), ce requiem serait-il aussi une manière de convier le peuple français à expier la mise à mort de son propre roi?

Cette œuvre, d’une grande beauté, mais aussi d’une grande intensité, peut être choisie pour les cérémonies d’obsèques religieuses, en particulier si le défunt était apparenté à la lignée des rois de France (ou pour un ancien monarchiste).

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